Lerevedonitsha

23 janvier 2017

Eloge de la transparence.

Classé dans : journal intime — lerevedonitsha @ 13 h 25 min

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‘’Les événements que j’évoquerai jusqu’à ma vingt et unième années, je les ai vécus en transparence – ce procédé qui consiste à faire défiler en arrière plan des paysages, alors que les acteurs restent immobiles sur un plateau de studio. Je voudrais traduire cette impression que beaucoup d’autres ont ressentie avant moi : tout défilait en transparence et je ne pouvais pas encore vivre ma vie. ‘’

Patrick MODIANO

 

 

 

Souvent au cours des différentes phases de ma vie, j’ai eu ce sentiment de transparence : Être là et ne compter en rien – ou pas pour grand chose – au regard de ceux que je côtoie et à qui j’ai voulu témoigner de mon affection.

Être transparent, c’est le sentiment que quoi que l’on dise, quoi que l’on fasse, quelque soit l’attention que l’on veut donner à l’autre, notre parole, nos actions et nos sentiments  ne sont pas entendus, n’ont que peu d’importance, que le message ne passe pas.    Pire : que ce que disent ou font d’autres personnes revêt plus d’importance, est mieux apprécié et retient davantage l’attention…

On constate alors avec tristesse que plus l’attitude de certains est méprisable, vulgaire et se révèle être une dangereuse manipulation, plus ils sont appréciés et choyés, plus ils attirent l’attention.

Faut-il se conduire comme le dernier des salauds pour être vu ? Il semblerait !!!! A être trop gentil, trop disponible, trop prévenant, toujours à l’écoute, on devient chose négligeable, quelque chose qui se perd dans le paysage ambiant.

Rares sont ceux qui m’ont fait prendre conscience de ma transparence avec une telle constance, et m’ont fait comprendre cela dès les tous premières jours…Se peut-il que l’impact sur notre subconscient, de cette image que l’on nous renvoie, varie en fonction de qui nous la renvoie ? Être transparent face à un quidam n’a pas d’incidence, alors que l’être face à un être cher est ravageur et profondément déstabilisant…

Ce sentiment de n’avoir été que transparent s’est accru au fil des mois, s’est révélé et amplifié progressivement sous l’accumulation de petites blessures insignifiantes.  Prises individuellement, chacune d’elles ont été supportable en prenant sur soi et en se raisonnant.  Chacune de ces blessures pourraient paraître anodines à quiconque.  Mais avec l’effet cumulé de la répétions et de la durée, ce qui ne devrait être qu’une légère blessure, se révèle être une blessure plus profonde et la nécrose de l’âme accomplie son œuvre. Tels des agents allergènes, la réaction qu’ils provoquent prend  à chaque fois plus d’ampleur.  –Aigreur !!-. On se rend compte alors que tout n’était qu’illusion, que notre propre présence n’a simplement été rendue nécessaire que pour combler un manque et servir d’exutoire. Quand ce manque vient à s’estomper,  comme attendu, notre propre présence n’est plus que superflue et devient vite dérangeante.

Peut être ai-je trop demandé, trop réclamé et trop imposé. Peut être suis-je trop présomptueux en imaginant pouvoir jouer un rôle aussi minime soit-il. Peut être ne nous reste t’il plus qu’à céder la place en nous excusant d’être encore présent…. C’est le mieux qu’il y ait à faire la mort dans l’âme…

10 septembre 2015

Truisme…

Classé dans : journal intime — lerevedonitsha @ 12 h 18 min

 »  C’est un truisme de l’humaine nature que de dire que les gens apprennent à  haïr ceux qui leur viennent en aide. « 

(Kennedy Toole)

28 mai 2015

Lettre ouverte à une personne en danger

Classé dans : journal intime — lerevedonitsha @ 15 h 43 min

 

As-tu seulement conscience que tu es en danger ?  Veux-tu seulement le voir ? Veux-tu au moins l’entendre ?

Ne pas te le dire serait foncièrement malhonnête et serait assimilable à une  »non assistance’’ délibérée. Ceux qui te disent le contraire ne sont pas de ceux qui te veulent du bien…

Depuis de longs mois, j’ai le bonheur de t’accompagner de loin et j’ai le bonheur que tu m’aies accordé ta confiance – nous dissertions il y a peu sur ce qui concourrait au bonheur, en voila pour moi des éléments concrets – tu me fais l’insigne honneur de me considérer comme ton « grand frère », celui qui peut jeter sur toi son regard sans que tu aies la crainte d’un jugement… J’ai tenté jusqu’alors de m’en montrer digne, même si ce cheminement fut loin d’avoir été une simple promenade de santé…

« Tu es responsable de moi » m’as-tu lancé l’autre jour  … rassure toi, les propos de ce petit prince aux cheveux d’or , qui aime tant qu’on lui dessine des moutons, font parti de mes références culturelles. Je n’ai pas oublié la nature de ce qui se dit dans ce texte : « j’en suis responsable. Et elle est tellement faible ! Et elle est tellement naïve. Elle a quatre épines de rien du tout pour la protéger contre le monde … »  Mais de quelle responsabilité parle-t-on ?  Au mot  » responsabilité’’ le dictionnaire associe de nombreux qualificatifs… pour lesquels je ne me sens aucune légitimité.  J’ai, sans nul conteste, vis-à-vis de toi, une responsabilité morale et affective, bien que ce dernier terme soit, sur bien des points, discutable au regard de la façon dont tu t’en défends.

En 24 mois, j’ai pu voir la lente évolution de ta situation, tantôt positive et tantôt se dégradant…Une remontée progressive d’un état de profonde dépression, d’une dépendance affective aliénante,  à l’état d’aujourd’hui, dont j’hésite encore à le qualifier qu’il soit fondamentalement mieux ;  puisque l’état dépressif à laissé place à ce que tu nommes toi-même ‘’addiction’’-  en tout cas est-il plus stable en apparence, ce qui est une avancée !!!-.

Je crois juste que tu es mal accompagnée par ton thérapeute qui ne semble pas mesurer les dangers d’une telle addiction.  Que puis je faire, sinon te dire mon désaccord, vociférer, jouer les pères fouettards et le rabat-joie, te menacer vainement de ne plus te parler alors que c’est l’opposé que je souhaite, refuser de te voir… Qu’importe alors que tu me considères comme un emmerdeur et quelqu’un de triste,  si seulement cela pouvait faire que tu ouvres les yeux sur le désastre dans lequel tu t’enfonces.

Tu fréquentes les mauvaises personnes et les mauvais endroits compte tenu de ton état de fragilité.   Depuis un an, tu sais mon opinion sur eux … et depuis un an je te vois sombrer. Cela creuse un fossé et c’est d’une profonde tristesse pour moi.  Ne crois pas qu’il s’agisse de ma part d’un jugement de valeur, contrairement à toi , mon approche philosophique me fait considérer qu’il n’y a dans l’absolue ni Bien ni Mal, mais bien plus des choses qui sont  bonnes ou mauvaises pour l’équilibre psychologique d’un individu…

j’ai l’intime conviction que ton addiction accroit ta fragilité, creuse ton vide intérieur et que tu entames une course sans fin vers quelque chose qui au final te détruit. Jusqu’où veux-tu aller ? Toujours plus bas ?

Que puis-je faire pour toi ? Comment puis-je t’aider ? Ce serait à tes proches d’agir…

Au sujet de la main tendue aux autres, tu trouveras sur ce média un joli texte écrit il y a quelques semaines avec sensibilité et bonté … je te le recommande, j’aurais aimé savoir l’écrire moi-même…

Je voulais juste te dire mon inquiétude…

23 mars 2015

Extrait de texte

Classé dans : journal intime — lerevedonitsha @ 13 h 00 min

PAULO    COELHO

 

‘ C’est la solitude, bien que je vive entourée par des êtres chers qui se soucient de moi et désirent le meilleur pour moi, mais qui tentent peut être de m’aider seulement parce qu’ils ressentent la même chose – la solitude – et que, dans un geste de solidarité, il est gravé dans le fer et le feu « je suis utile, même si je suis tout seul ».

Le cerveau a beau dire que tout va bien, l’âme est perdue, confuse, ne sachant pas très bien pourquoi elle est injuste avec la vie. Mais nous nous réveillons le matin et nous allons nous occuper de nos enfants, de nos maris, de nos amants, de nos chefs, de nos employés, de nos élèves, de ces dizaines de personnes qui remplissent la vie d’un jour normal.

Et nous avons toujours un sourire aux lèvres et un mot d’encouragement, parce qu’on ne peut pas expliquer aux autres la solitude, surtout quand on est toujours bien accompagné. Mais cette solitude existe et ronge ce qu’il y a de meilleur en nous, parce qu’il nous faut user de toute notre énergie pour paraître heureux,  même si nous ne parvenons pas à nous tromper nous même. Pourtant, nous persistons à ne montrer que la rose qui s’ouvre tous les matins et à cacher en nous la tige pleine d’épines qui nous blesse et nous fait saigner.

Même si nous savons que tout le monde, à un certain moment, s’est senti totalement et absolument seul, il est humiliant de dire « je suis seul, j’ai besoin de compagnie, je dois tuer ce monstre dont tous croient que, comme les dragons des contes de fées, il est imaginaire, mais qui ne l’est pas ». J’attends qu’un chevalier pur et vertueux vienne avec sa gloire pour le tailler en pièces et le pousser définitivement dans l’abîme, mais le chevalier ne vient pas.

Et pourtant nous ne pouvons pas perdre espoir. Nous commençons à faire des choses inhabituelles, à oser plus que ce qui est juste nécessaire. Les épines en nous sont plus grosses et plus dévastatrices et là encore nous ne pouvons plus renoncer en chemin. Comme si la vie était un immense jeu d’échecs, tous regardent pour voir le résultat. Nous faisons comme s’il n’était pas important de gagner ou de perdre, l’important c’est la compétition, nous souhaitons ardemment que nos vrais sentiments soient opaques et dissimulés, mais alors… … Au lieu de chercher la compagnie, nous nous isolons davantage, pour pouvoir lécher nos blessures en silence. Ou alors nous allons à des dîners et des déjeuners avec des gens qui n’ont rien à voir avec nos vies et passent leur temps à parler de choses qui n’ont pas la moindre importance. Il nous arrive de nous distraire un moment, de boire et de faire la fête, mais le dragon est toujours vivant. Et puis les personnes vraiment proches voient que quelque chose ne va pas et commencent à se sentir coupable de ne pas réussir à nous rendre heureux. Elles demandent quel est le problème. Nous répondons que tout va bien, mais ce n’est pas vrai…

Tout va très mal, je vous en prie, laissez-moi en paix, parce que je n’ai plus de larmes pour pleurer ou de cœur pour souffrir, je n’ai que l’insomnie, le vide, l’apathie et vous ressentez la même chose, vous pouvez vous poser la question. Mais les autres insistent et disent que c’est seulement une phase difficile, ou une dépression, parce qu’ils craignent de se servir du vrai et maudit mot : Solitude.

Cependant, nous continuons à chercher sans relâche la seule chose qui nous rendrait heureux : le chevalier à l’armure resplendissante qui tue le dragon, cueille la rose et arrache les épines…. ‘’

20 mars 2015

Point d’inflexion

Classé dans : journal intime — lerevedonitsha @ 11 h 11 min

En réalisant une rapide recherche sur la toile d’une définition simplifiée, on peut lire qu’en géométrie différentielle, un point d’inflexion est un point où s’opère sur une courbe un changement de concavité.  Point ayant pour particularisme d’être le lieu où la tangente coupe la courbe et où la dérivée seconde s’annule et change de signe.

Me reviennent de trop lointains souvenirs !!. En langage moins académique, c’est un point de profond changement dans la forme et la tendance. A n’en pas douter, ces jours derniers ont marqués dans mon esprit un point d’inflexion.

Il en va dans les relations humaines comme en mathématique ; il est des faits, des faisceaux d’attitudes et des mots qui conduisent –  bien involontairement parfois –  à semer le doute et provoque une remise en question. Il est des moments où plus rien ne sera vraiment pareil, où le charme se rompt, comme une résultante aux messages reçus et que l’on a voulu ignorer. Il faut s’y résigner.

18 mars 2015

humeur :

Classé dans : journal intime — lerevedonitsha @ 16 h 22 min

 

 

 » La résignation allège tous les maux sans remède. »

14 janvier 2015

Gloups !

Classé dans : journal intime — lerevedonitsha @ 14 h 23 min

On ne retient jamais ceux qui veulent partir, quand bien même on tente de donner toute notre affection..

 S’ils nous quittent  sans se l’avouer c’est qu’on a fait notre temps auprès d’eux et qu’on ne leur apporte plus rien ;

qu’ils estiment avoir fait le tour de ce que l’on peut pour eux  et qu’ils rêvent d’un ailleurs;

 qu’ils ont trouvé mieux, plus intéressant, plus divertissant  et amusants ;

qu’ils ont portés leur choix sur des gens de meilleur composition, qui ne posent pas de questions et ne s’en posent pas ;

qu’ils cherchent à se noyer dans des mondes imaginaires, destructeurs et avilissants

 que le chemin qu’ils choisissent leur apporte plus de stabilité et de joie illusoire…

Il ne sert alors jamais à rien de tenter de s’imposer.  On s’en rend compte à des petits détails du quotidien,  quand ils commencent à marquer involontairement une distance et une certaine gêne en notre compagnie, que l’ennuie les gagne quand on leur parle,  que l’on devine qu’être vu en notre présence pourrait leur être profondément inconfortable, qu’ils n’ont plus de plaisir à partager les moments simples et que l’on n’est plus une priorité dans leur vie.

Il faut les laisser aller, la mort dans l’âme…on ne les suivra pas dans cette voie de douleurs.

Pourtant celui qui reste sait qu’il est vain de partir, que partir est une fuite en avant à la poursuite de chimères. Il sait aussi qu’il n’y a plus rien à attendre…

Jour Noir

Classé dans : journal intime — lerevedonitsha @ 12 h 14 min

‘’  Ici, le vent de la mer efface tout, use tout.

Des noyés, ici, il y en a eu par dizaines. Des femmes de la mer, plongées, étouffées, dérivant sur le fond avec leurs ceintures de plomb.. Des accidents de décompression, des apnées, des crises cardiaques. Le vent souffle sur ces champs minuscules, geint à travers les murailles de lave à claire-voie.

Je suis plongé dans une quête amère et vaine. Comment ces gens pourraient-ils comprendre ?  Leur souci est la vie de chaque jour, et ceux qui partent ne reviennent plus jamais.  Ma passion me fait mal et me fait du bien en même temps. En termes médicaux on appelle ça une douleur exquise.

… 

Une douleur qu’il faut bien aimer, parce que, lorsqu’elle cesse, tout devient vide, et qu’il ne reste plus qu’à mourir. ‘’

 (  J.M.G LE CLEZIO  )

larme

19 décembre 2014

Non Voeux

Classé dans : journal intime — lerevedonitsha @ 10 h 32 min

 

 

Les fins d’années sont propices aux bilans et aux prévisions de toutes sortes sur les événements qui vont potentiellement agrémenter ou influencer notre vie aux cours des mois à venir. Prévisions des autorités politiques, des organismes de statistique, analyses divers d’économistes de renom, sans oublier les horoscopes et les prédictions de voyant bidon. Chaque média y va de sa publication et ajoute son grain de sel.

 

Exercice quasi obligé, à titre personnel, chacun de nous va se faire violence afin de  trouver la bonne formule, celle qui sera un peu originale, pour présenter nos vœux à nos proches et nos moins proches, parfois même à ceux qui ne nous sont pas du tout proche. Mais pourquoi faisons-nous cela ? Nous savons pourtant que les vœux que nous formulons sont vains, que rien ne se déroule comme nous l’avons prévu, que ce que nous souhaitons aux autres n’est que de pure forme et sera oublié aussi vite que cela aura été formulé. L’année à venir sera peut être pire que celle qui s’éteint et personne n’y peut rien. Nos vœux ne sont que des bouteilles à la mer que personne ne lit vraiment et qui n’empêchent en rien la perte de ceux que nous aimons, que cela n’améliore en rien leur vie.   Mieux vaut alors penser aux autres et leur donner notre affection tout au long des jours, tant qu’ils sont là, avec sincérité et simplicité,  et pas seulement avec force ostentation à date fixe.

 

18 décembre 2014

lecture

Classé dans : journal intime — lerevedonitsha @ 11 h 40 min

biblio

En errant entre les rayonnages d’un temple de la lecture et en feuilletant certains livres offerts à la curiosité des passants,  je suis tombé sur cette dédicace en forme de citation :

« Le vertige, c’est autre chose que la peur de tomber. C’est la voix du vide au-dessous de nous qui nous attire et nous envoûte, le désir de chute dont nous nous défendons ensuite avec effroi. Avoir le vertige c’est être ivre de sa propre faiblesse. On a conscience de sa faiblesse et on ne veut pas lui résister, mais s’y abandonner. On se soûle de sa propre faiblesse, on veut être plus faible encore, on veut s’écrouler en pleine rue aux yeux de tous, on veut être à terre, encore plus bas que terre. »  (Milan KUNDERA)

Ces lignes m’ont bouleversé et j’ai eu envie d’offrir ce livre qui parle d’une certaine forme de faiblesse  en me disant qu’un auteur qui se réfère si bien à Kundera mérite peut être d’être lu. Je crois que j’aime autant les faiblesses des autres que leurs qualités, c’est ce qui les rend humains et aimables.

Relire KUNDERA  !!!!!  ….

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